Man Ray & la mode au Musée du Luxembourg

A travers cette exposition nous pouvons nous rendre compte que Man Ray renouvelle la photographie de mode. Ce type d’expression artistique est alors en pleine expansion mais est souvent cantonné au registre documentaire, il le transforme en objet artistique au sens propre. Une dimension expérimentale lui est apportée, il fait preuve d’inventivité technique et d’une liberté de ton inédité venue de l’art, de la scène et de la vie culturelle contemporaine. Man Ray s’inscrit alors dans les mouvements d’avant garde de son époque mais également dans la culture de masse qui émerge à ce moment-là.

En juillet 1921, Man Ray quitte New York pour s’installer à Paris, commence alors une nouvelle phase dans son processus de création artistique.

L’exposition permet de faire découvrir ses photographies de mode relativement méconnues et d’aborder l’enrichissement permanent et réciproque qui existe entre les projets artistiques de Man Ray et les productions assujetties à une commande commerciale.

Nous apprenons différentes choses sur la vie de Man Ray, son amitié avec Marcel Duchamp notamment au côté duquel il s’essaya sans succès à représenter Dada aux États-Unis avant de rejoindre la France. Le pays est en effet plus propice  aux avant-gardes, ne se limite pas à la recherche artistique iconoclaste. Débarqué à Paris à l’aube des années 1920, Man Ray rencontre tout à la fois les Surréalistes, avec lesquels il partagera ses expérimentations visuelles et conceptuelles, et le couturier Paul Poiret, dont il photographiera les créations. Désireux, comme il le dira lui-même, de lier l’art et la mode, il devint naturellement un collaborateur régulier des magazines américains, commentateurs avertis de la couture parisienne, Vogue et Vanity Fair d’abord, puis Harper’s Bazaar, tout en réalisant les portraits du who’s who de la bonne société de l’entre-deux-guerres. Puisant leur force dans les différents procédés techniques qu’il mit au point – fascinants rayogrammes, images solarisées qui doivent beaucoup à sa muse de l’époque, Lee Miller – jeux d’ombre ou colorisation, il illustre en creux les mutations à l’oeuvre dans les maisons de mode, captant tout autant la métamorphose des formes que les évolutions sociétales, en parfait observateur du monde et de ses jeux. Au Musée Cantini revient le rôle d’exposer ces travaux photographiques pour les magazines et la publicité – qui sait que la célèbre série des Larmes a été à l’origine commandée par une marque de cosmétique ? – tandis que le Château Borély recrée un dialogue entre l’artiste et la création de mode, en un panorama qui s’appuie sur des silhouettes extraites des collections des Musées de Marseille ou des reproductions d’autochromes venues du musée Albert-Kahn, documentant la mode telle que Man Ray l’a saisie, au-delà du design textile, l’expression d’une attitude, une manière d’être qui traverse le temps.

Cette exposition a été réalisé et organisé par la Ville de Marseille et la Réunion des musées nationaux – Grand Palais.

Elle a été présenté à la fois au Musée Cantini ainsi qu’au château Borély à Marseille durant l’automne et l’hiver 2019.

L’exposition est ouverte au public dès le 22 septembre 2020 au Musée du Luxembourg, 75006.

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